Quelle agréable surprise lorsque ce matin, en parcourant le nouveau Marie-Claire Maison, j’ai découvert qu’une des nouvelles tendances de la rentrée était la vaisselle en bois. Notre sensibilité aux choses qui nous entourent ou que nous utilisons serait-elle donc réellement en train de changer? De l’authenticité, du naturel…un retours aux matières brutes comme un retours à l’essentiel.
Je dis OUI… On aime le bois, mais attention pas n’importe comment, qu’il s’agisse de bois de nos forêts françaises ou d’essences exotiques pouvant provenir de forêts exploitées de façon illégale et non durable. Pour lutter contre la déforestation de masse, l’épuisement des ressources et protéger la biodiversité, il existe des labels comme PEFC et FSC.
Ces certifications permettent d’assurer aux consommateurs que les produits à base de bois qu’ils achètent proviennent bien d’une forêt exploitée de façon durable et responsable.
Quelques chiffres sont parfois nécessaires pour comprendre l’ampleur des dégâts :
* Une étude du WWF britannique de 2005 montre que 39% des importations françaises de bois tropical étaient issues d’une exploitation illégale des forêts.
* En Amazonie, le pillage de la forêt s’étend. Avec un énorme gaspillage puisque 58% du bois coupé illégalement seraient perdus et n’arriveraient pas sur le marché pour être exploités par l’industrie et vendus. Ces pertes finissent en poussière, en déchets, en chutes inutilisables (source : http://www.planetoscope.com)
* 10 millions d’hectares de forêt ont disparu en une décennie, notamment en zone tropicale.

* Il disparaît dans le monde chaque année depuis 15 ans : 80.000 km2 de forêt (solde tenant compte de la reforestation), soit la surface de l’Autriche.
L’Amazonie en est la principale victime à 53 % avec la disparition de 42.510.000.000 m2 de couvert forestier par an, soit 1.350 m2 à chaque seconde, ce qui correspond à la surface d’un terrain de football toutes les 7 secondes.
Sur cette base, on prévoit la disparition totale de l’Amazonie vers les années 2150 (source : http://www.zero-deforestation.org)
* 65% de la production mondiale de bois serait issue de coupes illégales, selon le World Resources Institut.
Une catastrophe écologique quand on sait que les forêts représentent le principal réservoir de la diversité biologique végétale et animale à l’échelle de la planète puisque à elles seules, les forêts tropicales humides renferment environ 50% des espèces vivantes.
Pour s’y retrouver, deux types de certifications coexistent donc aujourd’hui :


Une nouvelle réglementation de l’UE concernant le bois et ses produits dérivés est à ajouter à ces deux labels, en vigueur depuis le 3 mars 2013, afin de lutter contre la commercialisation sur le marché de l’Union européenne de bois récolté illégalement. FLEGT est l’acronyme de « Forest Law Enforcement, Governance and Trade » ce qui signifie en français « Application des réglementations forestières, gouvernance et commerce ».
Si l’exploitation illégale des forêts est marginale sur le territoire de l’Union européenne, à travers le plan d’action FLEGT, l’Union européenne entend néanmoins s’attaquer au problème.
Il vise dans les pays producteurs de bois à contrôler l’exploitation des forêts pour combattre l’illégalité dans le secteur tout en supprimant le commerce de bois illégal entre ces pays et l l’UE. (source : agriculture.gouv.fr)
Qu’en est-il pour le bambou et le teck, de plus en plus utilisés notamment dans le milieu de la décoration ?
Le bambou est un cas particulier puisqu’il fait partie de la famille des graminées! Il n’est donc pas considéré comme un bois mai s comme une herbe (petit rappel : le bambou est la plante dont la croissance est la plus rapide sur terre et pousse sans engrais chimiques ni pesticides) et n’a pas besoin de ce label. Attention tout de même, l’exploitation de bambouseraies est préférable, le bambou étant nécessaire à la survie de certaines espèces.
En ce qui concerne le teck, il est coutume de le travailler comme toutes les autres essences de bois avec le label FSC.
A savoir : Les forêts naturelles du Myanmar, d’Inde, du Laos et de Thaïlande, dont il est originaire, sont en voie de disparition ou protégées, et le teck commercialisé provient aujourd’hui essentiellement des 3 à 4 millions d’hectares de plantations d’Asie (Indonésie, Inde) et d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Ghana), où l’espèce a été introduite avec succès. Récemment, des sociétés privées ont installé des plantations intensives en Amérique latine (Brésil, Colombie, Equateur, Costa Rica), en Afrique de l’Est (Tanzanie) et en Australie.
Le bois à recycler est utilisé de multiples manières aujourd’hui. Il provient :
- de bois neuf mais inutilisable : forêts, scieries
- de chutes de bois : industries de première et de deuxième transformation,
- de rebuts de bois : chantiers, chemins de fer, particuliers (jardins et meubles), maisons, industrie navale…
