L’interview décalée de Lodge et quelques photos

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Cela fait maintenant 6 mois que Lodge a vu le jour et je me réjouis à chaque instant de venir y passer mes journées. L’univers que nous avons créé est celui que j’affectionne et qui me correspond et chaque matin, c’est avec plaisir que je redécouvre les formes, les odeurs, les couleurs et les matières qui caractérisent la boutique.

Et je veux vous remercier car les retours que nous avons de votre part, l’accueil que vous nous avez offert, l’engouement dont vous faites preuve, en magasin ou sur notre page facebook, nous encourage et nous sommes extrêmement sensibles à vos impressions, vos ressentis, vos envies.

Voici l’interview décalée réalisée par La Nuit de la Déco (évènement auquel nous avons participé au printemps) qui m’a permis de me dévoiler un peu et une sélection des dernières photos de Lodge pour ceux qui ne connaissent pas la boutique et qui souhaitent découvrir notre univers.

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs, et nous indiquer ce que vous faîtes chez Lodge.
Sur le papier, je m’appelle Isabelle et j’ai 32 ans. En vrai,  je continus à voir le monde avec l’insouciance de mes 20ans et souvent le regard émerveillé d’un enfant. J’ai ouvert Lodge avec l’aide de mon mari Fabien. Lui s’occupe plus de la partie paperasse, et moi je façonne l’univers de Lodge.

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Pouvez-vous nous raconter comment s’est écrit le scénario de :  » Il était une fois Lodge »
Il était une fois Lodge, inspiré par la nature. Il était une fois l’envie d’authenticité, de grands espaces, de beauté, de simplicité, de respect. Il était une fois la frustration de ne pas se réaliser pleinement. Il était une fois une famille, Isabelle, Fabien et Luca, 4 ans. N’étant plus heureux sur la région parisienne et dans le métier de la restauration et voulant élever notre fils autre part que dans la folie de la capitale, nous avons tout quitté et avons posé nos valises à Bordeaux. La trentaine, remise en question et changement de vie. J’avais commencé des études dans la décoration et l’architecture d’intérieur, domaine qui m’a toujours attiré. Alors c’était le moment où jamais de revenir à mes premiers amours. Nous avons donc créer un univers qui nous correspond, Lodge, avec une sélection très nature.

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L’anecdote qui a marqué ces premiers mois de commerce ?
Nous venons juste d’ouvrir alors mon panier est encore pauvre en anectode.
Celle que je retiens, car par anecdote j’entends un évènement particulier voir marrant, c’est une femme qui rentre un jour dans la boutique, regarde un peu sceptique notre sélection et me demande : »mais ça se vent ça ? ». Je n’étais pas préparé à cette question qui m’a surprise et fait sourire. Je lui ai répondu que oui, madame, les gens aiment le bois, les matériaux bruts, et ont envie de connaître la sensation de boire son chocolat dans un bol en bois. Ce n’est peut-être pas encore conventionnel mais l’idée de revenir à des choses simples et vraies séduit, comme un hommage à la nature qui nous entoure et qui accueille la vie.

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Une bonne raison de traverser la France pour venir chez Lodge ?
Depuis notre ouverture fin mars, nous n’avons que (ou presque que) des retours positifs sur l’univers que nous avons créé… les matériaux, les lignes, les odeurs, l’harmonie. Nos clients nous disent que c’est une boutique qui ne ressemble à aucune autre et qui est unique sur Bordeaux. Cela nous encourage à continuer dans cette dynamique. Je n’ai pas de bonne raison précise pour vous faire traverser la France à part donc les compliments de mes clients.

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Vos 5 Objets fétiches de la boutique (Ceux que vous aimeriez ne pas vendre ; pour les garder…)
1/ La boîte à épices Indienne que j’ai chinée, qui me sert à mettre mes cartes de visite et que je ne vends justement pas. En revanche, de temps en temps, il se peut que j’en trouve d’autres qui seront en vente.
2/ Le tabouret en teck qui est une de mes pièces « maîtresse » et qui résume à lui seul l’esthétique de Lodge.
3/ Ma collection de vaisselle en bois de manguier, issue du commerce équitable.
4/ Le papier peint Little Green que nous avons choisi pour la boutique et que mes clients adorent.
5/ La poutre ou la sculpture en bois que nous avions à un moment. Elles sont imposantes donc je ne peux pas en avoir beaucoup. J’ai toujours voulu en avoir une à la maison.

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Vous poussez pour la première fois la porte de Lodge, vous la découvrez, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?C’est dur ! Comment faire une réponse sans paraître narcissique !
La réponse primaire : « Je veux tout acheter ! » puisque notre sélection correspond exactement à ce qu’on aime et à l’univers que nous avons chez nous.
Il me vient à l’esprit le voyage, l’évasion, une image de petite maison perdue dans la nature ou on a envie de se ressourcer.

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Et donc pour la suite, quels sont les projets de Lodge ?
Réussir à exister quelque temps, à passer les modes sans que les gens ne se lassent et peut-être nous agrandir pour offrir une sélection plus vaste.  Mais les autres projets sont encore du domaine du rêve. Le principal est le rêve de voyager, de partir à la rencontre d’artisans aux quatre coins du monde, y compris en France et de faire mes sélections à la source.

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Un message à passer aux lecteurs ?
Le premier message est que notre intérieur reflète ce que nous sommes. Nous avons la possibilité grâce à la déco de nous créer une bulle d’oxygène, un cocon. Parfois certains négligent l’importance de sentir bien chez soi.
Mon côté un peu « écolo » veut que je donne ce message :
Il ne suffit pas d’entasser de multiples choses, même jolies. Il s’agit de choisir des objets qui nous correspondent, et surtout de faire attention à la façon dont ils sont produits. La demande est tellement importante aujourd’hui que l’offre s’adapte, nous trouvons de tout et de rien. Outre l’esthétique, nous trouvons aussi la beauté d’un objet dans son histoire, dans sa fabrication.

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Quelle idée ou astuce déco souhaitez-vous partager avec nos lecteurs ? (C’est promis ça reste entre nous…)
Ne pas hésiter à mélanger les genres et mettre toute sa personnalité au service de son intérieur. Votre intérieur doit être comme vous, unique.

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Que représente pour vous la Nuit de la Déco ?
C’est avant tout la possibilité de mettre en avant le travail de boutiques indépendantes qui ne bénéficient pas d’une grande visibilité, qui n’ont pas les moyens financiers de grosses enseignes. C’est comme mettre en avant les commerces de proximité. Et à ma grande joie, nous y revenons. Les gens veulent de plus en plus échanger, partager et se dirigent plus vers de petites boutiques. Même si les produits sont plus couteux, les gens consomment moins mais mieux.

IMG_6429Quelques réponses « tac o tac » :
Mur de couleur ou mur blanc ?
1 mur de couleur et le reste blanc
Contemporain ou classique ?
Entre classique et ethnique
En déco, une peinture ou une photographie ?
Les 2. L’art sous différents aspects. En tout cas pas de mur vide.
Canapé ou fauteuil ?
Canapé, fauteuil et pouf, la totale si on a la place et si on aime recevoir
Nappe ou set de table ?
Nappe pour recevoir, set de table tous les jours. Rien si la table est magnifique et que ce serait un crime de la cacher.
Rideaux ou store ?
Tout dépend du style, de la bâtisse et de la vue. Car s’il n’y a pas de vis-à-vis et que la vue est belle, alors rien.
Déco d’hiver ou déco d’été ?
Déco de printemps, c’est possible ?
Campagne ou ville ?
Campagne
En silence ou en musique ?
Les deux. J’essaie de vivre  dans le juste milieu. Je n’aime pas les extrêmes. Il me faut de tout pour être équilibrée. Et j’ai apprivoisé et appris à apprécier le silence. Alors musique, silence, musique, silence, silence, et puis musique.

 

Du bois, oui mais pas n’importe lequel

collage bois marie claireQuelle agréable surprise lorsque ce matin, en parcourant le nouveau Marie-Claire Maison, j’ai découvert qu’une des nouvelles tendances de la rentrée était la vaisselle en bois. Notre sensibilité aux choses qui nous entourent ou que nous utilisons serait-elle donc réellement en train de changer? De l’authenticité, du naturel…un retours aux matières brutes comme un retours à l’essentiel.

Je dis OUI… On aime le bois, mais attention pas n’importe comment, qu’il s’agisse de bois de nos forêts françaises ou d’essences exotiques pouvant provenir de forêts exploitées de façon illégale et non durable. Pour lutter contre la déforestation de masse, l’épuisement des ressources et protéger la biodiversité, il existe des labels comme PEFC et FSC.

Ces certifications permettent d’assurer aux consommateurs que les produits à base de bois qu’ils achètent proviennent bien d’une forêt exploitée de façon durable et responsable.

Quelques chiffres sont parfois nécessaires pour comprendre l’ampleur des dégâts :

* Une étude du WWF britannique de 2005 montre que 39% des importations françaises de bois tropical étaient issues d’une exploitation illégale des forêts.

* En Amazonie, le pillage de la forêt s’étend. Avec un énorme gaspillage puisque 58% du bois coupé illégalement seraient perdus et n’arriveraient pas sur le marché pour être exploités par l’industrie et vendus. Ces pertes finissent en poussière, en déchets, en chutes inutilisables (source : http://www.planetoscope.com)

* 10 millions d’hectares de forêt ont disparu en une  décennie, notamment en zone tropicale.

* Il disparaît dans le monde chaque année depuis 15 ans : 80.000 km2 de forêt (solde tenant compte de la reforestation), soit la surface de l’Autriche.
L’Amazonie en est la principale victime à 53 % avec la disparition de 42.510.000.000 m2 de couvert forestier par an, soit 1.350 m2 à chaque seconde, ce qui correspond à la surface d’un terrain de football toutes les 7 secondes.
Sur cette base, on prévoit la disparition totale de l’Amazonie vers les années 2150 (source : http://www.zero-deforestation.org)

* 65% de la production mondiale de bois serait issue de coupes illégales, selon le World Resources Institut.

Une catastrophe écologique quand on sait que les forêts représentent le principal réservoir de la diversité biologique végétale et animale à l’échelle de la planète puisque à elles seules, les forêts tropicales humides renferment environ 50% des espèces vivantes.

Pour s’y retrouver, deux types de certifications coexistent donc aujourd’hui :

Forest Stewardship Council : FSC
FSC est une association de défense des forêts en Europe et dans le monde œuvrant depuis 1993. Le système de certification FSC est l’un des plus connu à travers le monde. Cette reconnaissance est établie selon dix critères qui s’appliquent de façon uniforme à un niveau mondial. Il impose entre autre aux exploitants le respect des populations autochtones, la préservation de la biodiversité, la régénération des forêts et un contrôle de l’activité des forestiers avec des commissions incluant des représentants des peuples locaux et des associations environnementales. Cette certification est soutenue par Greenpeace, le WWF et les Amis de la Terre.
Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes : PEFC 
Le programme de reconnaissance des certifications forestières, initialement à portée européenne, possède aujourd’hui une envergure mondiale. Ce schéma international permet le développement de référentiels nationaux de certification des forêts répondant aux diverses problématiques environnementales et sociales localement rencontrées. En France, cette certification est soutenue par France Nature Environnement.
www.pefc-france.org

Une nouvelle réglementation  de l’UE  concernant le bois et ses produits dérivés est à ajouter à ces deux labels, en vigueur depuis  le 3 mars 2013, afin de lutter contre la commercialisation sur le marché de l’Union européenne de bois récolté illégalement. FLEGT est l’acronyme de « Forest Law Enforcement, Governance and Trade » ce qui signifie en français « Application des réglementations forestières, gouvernance et commerce ».
Si l’exploitation illégale des forêts est marginale sur le territoire de l’Union européenne, à travers le plan d’action FLEGT, l’Union européenne entend néanmoins s’attaquer au problème.
Il vise dans les pays producteurs de bois à contrôler l’exploitation des forêts pour combattre l’illégalité dans le secteur tout en supprimant le commerce de bois illégal entre ces pays et l l’UE. (source : agriculture.gouv.fr)

Qu’en est-il pour le bambou et le teck, de plus en plus utilisés notamment  dans le milieu de la décoration ?

Le bambou est un cas particulier  puisqu’il fait partie de la famille des graminées! Il n’est donc pas considéré comme un bois mai s comme une herbe (petit rappel : le bambou est la plante dont la croissance est la plus rapide sur terre et pousse sans engrais chimiques ni pesticides) et n’a pas besoin de ce label. Attention tout de même, l’exploitation de bambouseraies est préférable, le bambou étant nécessaire à la survie de certaines espèces.

En ce qui concerne le teck, il est coutume de le travailler comme toutes les autres essences de bois avec le label FSC.

A savoir : Les forêts naturelles du Myanmar, d’Inde, du Laos et de Thaïlande, dont il est originaire, sont en voie de disparition ou protégées, et le teck commercialisé provient aujourd’hui essentiellement des 3 à 4 millions d’hectares de plantations d’Asie (Indonésie, Inde) et d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Ghana), où l’espèce a été introduite avec succès. Récemment, des sociétés privées ont installé des plantations intensives en Amérique latine (Brésil, Colombie, Equateur, Costa Rica), en Afrique de l’Est (Tanzanie) et en Australie.

Une autre alternative : le bois recyclé

Le bois à recycler est utilisé de multiples manières aujourd’hui. Il provient :

  • de bois neuf mais inutilisable : forêts, scieries
  • de chutes de bois : industries de première et de deuxième transformation,
  • de rebuts de bois : chantiers, chemins de fer, particuliers (jardins et meubles), maisons, industrie navale…
Les fabricants que nous avons sélectionnés chez Lodge travaillent d’ailleurs essentiellement du bois recyclé.
Muubs, enseigne danoise, utilise par exemple du teck provenant de maisons anciennes de l’île indonésienne  de Java, de vieux ponts, de bateaux en fin de vie.
Nkuku, enseigne anglaise de commerce équitable, travaille elle avec du bois de manguier provenant de cultures indiennes. Les manguiers sont initialement cultivés pour leurs fruits, mais quand l’arbre ne produit plus (en moyenne un manguier peut avoir une production rentable de mangues pendant environ 20ans), l’arbre peut être coupé et utilisé en ébénisterie. L’élimination des vieux arbres rend alors l’espace disponible pour les agriculteurs pour de nouveaux arbres et leur offre un revenu supplémentaire. Le bois de Shesham quand à lui provient de forêts certifiées.
J’aurais l’occasion de vous en parler plus en détail.
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Bien évidemment et comme à chaque fois, je suis dans l’obligation d’émettre des réserves car je ne peux certifier que ce que je vois de mes propres yeux. Hors je suis une consommatrice lambda qui ne peut faire confiance qu’aux étiquettes, à celui qui les colle, et à la chaîne qu’il y a derrière. J’ai eu au cours de mes recherches pour cet article la mauvaise surprise de tomber sur divers articles montrant certaines dérives… manque de contrôle par des audits indépendants, cahier des charges minimalistes (ceci concernerait le label PEFC), pressions exercées sur les propriétaires forestiers… Et je crois que malheureusement, lorsque les choses se voient en grand, la vision de l’Homme se trouble.
Alors étant maître de nos choix et non des actions des autres, faisons au moins le choix de consommer mieux et de faire attention à l’origine des produits qui agrémentent notre quotidien.